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Jean-Michel, portrait d’un « aide-bénévole »

 

Certains diraient de Jean-Michel qu’il est un vagabond. Après avoir roulé sa bosse à travers le monde, il s’est établi à Montpellier. Tout ce qu’il possède rentre dans son sac au dos. Il prête main forte à la SSVP. Rencontre avec un cœur généreux.

Le premier objet que Jean-Michel aime montrer, c’est son sac à dos. 20 kilos, un vrai sac de survie : de quoi dormir, de quoi s’habiller, une lampe, une radio, une bouteille d’eau. Chaque soir dans un pré que lui seul connait, à une heure de marche du centre-ville de Montpellier, il monte sa tente. Avant de s’endormir, il écoute la radio pour faire le point sur l’actualité du jour et sur la météo du lendemain, puis il fait son  » auto-procès  » : un genre d’examen de conscience version dure.  » Non je ne suis pas tendre avec moi-même ni avec les autres d’ailleurs. J’ai appris ça chez les fusiliers-marins « . C’est là que tout a commencé.

De l’armée à la rue

Engagé à 17 ans dans la marine, il a fait pendant trois ans le tour du monde sur un escorteur puis sur un porte-avion. En rentrant à Dijon, ses parents sont décédés.  » Je ne reconnaissais personne et personne d’ailleurs ne m’a reconnu. Je n’ai pas voulu rentrer dans le rang. Alors j’ai décidé de repartir, de voyager et de visiter les pays dans lesquels j’avais fait escale du temps où je naviguais, Sri Lanka, Seychelles, Égypte, États-Unis. » Pour se payer ses billets d’avion, Jean-Michel a bourlingué et travaillé entre autres comme docker sur un porte-conteneur qui faisait la ligne Rotterdam, le Pyrée. Et puis un jour, il y a six ans, il est rentré :  » J’ai décidé de réduire mon champ de liberté en venant ici à Montpellier. Je ne dis pas me réinsérer. Après 35 ans comme ça c’est quasiment impossible !  »

Jean-Michel se dit SDF par choix : pas de domicile, pas de famille, pas de propriété en dehors de son sac à dos et de ce qu’il contient. Il ne veut ni RSA ni RMI. Dans cette belle ville de Montpellier, il a vite connu le restaurant social de Saint Vincent de Paul où il prend un repas deux fois par semaine. C’est là qu’il a fait connaissance avec les franciscaines à travers sœur Lucienne, elle aussi « en  réinsertion  » après 25 ans d’Afrique.

Témoignage bénévole ssvp

Aider les bénévoles

« À la Halte de la SSVP, je donne un coup de main pour le nettoyage du linge et je nettoie les douches. Chez les sœurs, je viens en aide pour la logistique quand elles organisent un rassemblement :  je voudrais redonné tout ce que j’ai reçu pendant toutes ces années. Je veux aider celui qui est dans le besoin comme moi je l’ai été…  » Il précise :  » Je ne suis pas bénévole je suis « aide-bénévole ». Un bénévole doit obéir à des règles, à un code de conduite. Moi c’est différent. Je peux les aider dans certaines situations. Je peux faire passer des messages aux SDF. Je les connais bien car je suis comme eux . » Jean-Michel est discipliné. Pas d’alcool, plus de tabac, pas de drogue bien entendu.  » Quand je vois un type qui dort sur des cartons sales et qui ne prend pas de douche je peux lui dire . Dans mon champ, j’ai un voisin allemand qui plante sa tente près de la mienne. Je lui prend une bouteille d’eau supplémentaire. Cela ne me coûte rien. Je l’aide. »

Vivre la fraternité

Cette miséricorde, Jean-Michel la cultive dans la fraternité du même nom. Avec Marcelle et sœur Lucienne, ils se sont mis à l’ombre de la cathédrale où ils sont accueillis par le curé, le Père Michel Plagnol.  » On n’a pas mis dix minutes pour choisir notre nom, et ce avant même que le Pape lance son année de la Miséricorde  » dit-il en regardant le portrait du Saint-Père qui fait la une du journal la Croix du jour. Ils sont une quinzaine, tous du quartier, à se réunir régulièrement pour vivre la fraternité. Ensemble, ils étudient les écritures et chacun est appelé à préparer la séance : ce jour-là on parle des talents reçus. Jean-Michel explique ce que signifie pour lui « vivre la fraternité » : « Ce sont des gens qui ont l’habitude de s’aider, de se rendre service, c’est normal pour eux. La fraternité c’est ça, un moyen pour nous de nous resocialiser : quand l’un de nous n’a pas le moral on le soutient. Et il repart un peu plus vaillant. » Jean Michel a aussi un secret : dans son, sac il a toujours une Bible. Une bible qu’un officier lui a offert quand il était dans la marine. Elle est surlignée, annotée, usée. C’est l’Évangile de Mathieu qui est le plus colorié.  » C’est celui que je préfère car il est simple. »

 

Extrait d’Ozanam magazine n°219

 

 

 

 

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