Une matinée en Camionnette Sourire sur le marché de Sarzeau
Chaque jeudi à Sarzeau, près de Vannes (Morbihan), la Camionnette Sourire de la Société de Saint-Vincent-de-Paul offre du café mais surtout de l'écoute et de la convivialité pour rompre la solitude et recréer du lien social.
Par David Bugeat, bénévole à Vannes.
Depuis le 9 avril 2026, une camionnette aux couleurs de la Société de Saint-Vincent-de-Paul stationne le jeudi matin sur le marché de Sarzeau sur la presqu’île de Rhuys (Morbihan), de 9h45 à midi. Le but : offrir un instant de convivialité à tous ceux qui le désirent. Ceci autour d’un café, un jus d’orange, des biscuits…
Des tables avec des chaises sont dressées à la sortie des allées du marché. Après ou avant de faire leurs emplettes, les habitants comme les personnes de passage profitent d’un moment de partage.
Rencontrer les passants
« C’est agréable, admet Annick, 89 ans. Je vis dans une résidence, mais je n’ai pas tant l’occasion de parler aux autres locataires. Et mon neveu, qui certes s’occupe bien de moi, est partagé entre plusieurs coins de France par sa famille et son travail. Il ne peut pas venir me rendre visite tous les week-ends ! Du coup, ici, je trouve un peu de chaleur humaine. »
L’idée d’installer ce stand de partage, c’est celle de René, le président de la Conférence Saint-Symphorien-Rhuys. « Il s’agit de rompre la solitude, qui est l’un des grands maux de notre époque, justifie-t-il. Et cela permet aussi de faire connaître l’association : beaucoup de badauds s’arrêtent pour demander ce qu’est la Société de Saint-Vincent-de-Paul, quelles sont nos autres activités… »
En effet, avec sa position un peu à l’écart des autres stands, et son oriflamme bleue ondoyant au vent, la camionnette fraîchement floquée ne passe pas inaperçue. Et l’on peut compter sur Véronique, Anouk, Gilles et Hervé, ainsi que les autres bénévoles qui se relaient chaque samedi, pour venir à la rencontre des passants.
« Je n’ai pas le temps de m’arrêter, mais je trouve super ce que vous faites, on n’en voit plus, des gens investis comme vous ! » lance un passant. Oh que si, on voit des bénévoles investis. Et l’on risque d’en voir encore : la Conférence prévoit de monter le même type de projet à Saint-Gildas-de-Rhuys, à 6 kilomètres de là, pour le marché du vendredi. Ils ont déjà la camionnette, reste à organiser le roulement des bénévoles.
Développer d’autres activités
« Beaucoup de nos membres sont motivés par cette activité nouvelle, très enrichissante et plutôt agréable… tant qu’il ne fait ni trop chaud ni trop froid, et qu’il n’y a pas de pluie ! » constate René. Le mois d’avril a effectivement été clément, mais l’été qui s’annonce pourrait logiquement entraîner une hausse des températures et de l’ensoleillement. « Il nous faudrait un auvent. Pour l’acquérir, nous avons pu compter sur les rentrées liées à la vente de vin [lire l’encadré]. »
Une initiative dont René espère bien qu’elle fera des petits. « Nous manquions d’une camionnette, le Conseil national de France a gentiment débloqué des fonds pour l’acquérir et la faire floquer [mettre aux couleurs de l’association]. » Mais, pour toutes les Conférences qui disposent déjà d’un tel véhicule, il suffit de demander l’accord de la mairie pour trouver sa place au marché, et de disposer de quelques bénévoles motivés. Hervé l’assure : « Promis, ça vaut le coup ! »
9h30 : Arrivée sur le marché, les bénévoles installent la camionnette.
9h50 : les premiers habitants arrivent, Hervé les accueille.
10h : les bénévoles arpentent le marché pour faire connaître leurs actions
10h25 : René revoit chaque semaine des dames de la commune, l’occasion de se donner des nouvelles et de papoter !
11h25 : Annick, 89 ans (à gauche), connaît si bien l’histoire de la commune qu’elle a écrit un livre, bientôt publié, sur le sujet.
12h15 : tout est rangé, la camionnette repart. Rendez-vous jeudi prochain !
À Saint-Vincent aussi, le vin fait parler le cœur !
Pour s’offrir les bénéfices d’un auvent, les membres de la Conférence de Rhuys ont mis en place un partenariat philanthropique avec un producteur de vin, celui du Domaine Cordaillat de Reuilly dans l’Indre. Ensemble, ils ont monté une opération de vente de bouteilles à prix cassés, dont les bénéfices sont allés entièrement à la Conférence. Une manière pour ce producteur de se faire de la publicité, mais surtout de soutenir une cause qu’il chérit !