Engagés mais pas épuisés !
Se reposer pour mieux servir
Entre l’agitation de Marthe et l’écoute de Marie, l’Évangile nous rappelle que l’action ne vaut que nourrie par le silence. Animatrice en pastorale à la Société de Saint-Vincent-de-Paul, Catherine Philippe invite les bénévoles à cette pause intérieure indispensable.
Rester uniquement dans l’agitation, c’est le risque que souligne Catherine Philippe, animatrice en pastorale à la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Dans les Conférences qu’elle rencontre, elle rappelle l’importance de « garder un temps pour soi, un temps de méditation et de prière, pour se rappeler ce que l’on fait et pour qui on le fait ». Une invitation à faire une pause intérieure, non pour se retirer de l’action, mais pour lui redonner du sens.
L’Évangile offre d’ailleurs cette tension féconde entre action et écoute à travers la figure de Marthe et Marie (Lc 10, 38‑42). L’une s’active, l’autre prend le temps d’écouter. Il ne s’agit pas d’opposer les deux attitudes mais de rappeler que l’engagement ne peut durer sans un espace de retrait. Jésus lui-même invite ses disciples à s’écarter un peu pour se reposer, comme si le souffle intérieur faisait partie de la mission.
Ce recul permet aussi de lâcher prise sur les résultats. « Ce n’est pas nous qui maîtrisons les fruits de l’action », souligne Catherine Philippe. Accepter que tout ne fonctionne pas toujours comme prévu, relire ce qui a été vécu, se laisser toucher sans se laisser submerger : cette distance intérieure aide à durer. Dans une société qui valorise l’efficacité et l’immédiateté, la spiritualité rappelle une vérité simple : prendre soin de sa vie intérieure n’est pas s’éloigner de la mission mais apprendre à la porter autrement.