L’Esprit-Saint nous est donné
Cinquante jours après la résurrection du Christ, l’Église fête la Pentecôte : l'Esprit-Saint descend sur les apôtres et inscrit en eux la loi d’amour de la Nouvelle Alliance. Ainsi, nous rappelons la mission de l’Église et nous célébrons l’action de l’Esprit qui « renouvelle la face de la Terre » et allume, au cœur des fidèles que nous sommes, le feu de son amour.
Par Jean-Claude Peteytas, diacre vincentien
Au cœur de la foi : l’Esprit-Saint
Quand nous parlons de la Sainte Trinité, nous parlons de trois personnes : l’Esprit-Saint est une personne. Mais, tandis que la personne de Jésus est incarnée, l’Esprit, lui, ne l’est pas. Il est donc à notre égard, en relation immédiate et très intérieure, selon un mode qui n’est pas habituel dans nos relations interpersonnelles.
Jésus avait averti : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit qui descendra sur vous » (Actes 1,8). Une force comme un moteur pour nous mettre en route et nous habiter. En fait, c’est l’Esprit qui nous fait vivre, et qui, en quelque sorte, nous « actionne » et nous conduit à dire que nous sommes tous « fils de Dieu » (Rom 8,14).
Et, dans ses diverses lettres, l’apôtre Paul énumérera les fruits de l’Esprit : la paix, la joie, la bonté, la patience, la douceur, la confiance, la justice, la vérité et l’amour. La mission d’un bénévole de la Société de Saint-Vincent-de-Paul (Vincentien), c’est de promouvoir l’amour.
Monsieur Vincent et la trinité
Saint Vincent de Paul donnait une place primordiale à l’Esprit-Saint. Dès son lever, il se tournait vers lui. Il écrivait : « Oui, le Saint-Esprit, quant à sa personne, se répand dans les justes et habite personnellement en eux. Quand on dit que le Saint-Esprit opère en quelqu’un, cela s’entend que cet Esprit, résidant en cette personne, lui donne les mêmes inclinations et dispositions que Jésus-Christ avait sur la terre et elles font agir de même, je ne dis pas que d’une égale perfection, mais selon la mesure des dons de ce divin esprit. » (Coste XII, 107–108)
L’Esprit-Saint transforme notre vie en oblation spirituelle, et ainsi nous sommes disposés à prendre notre part de la mission du Christ.
Saint Paul nous dit que « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous est donné ». Comme faisait saint Vincent, offrons notre journée à Dieu dans un acte d’amour qui résume tout le vécu de ce jour, et c’est alors que l’Esprit-Saint peut agir en nous. Et, le soir, offrir de nouveau le vécu avec ses surprises qui ont pu avoir lieu.
Confirmés, nous le demeurons
Nous avons été confirmés, peut-être voici pas mal d’années. Mais l’Esprit-Saint que nous avons reçu – déjà lors de notre baptême – demeure présent et actif en nous ! Cela n’est pas du passé ! Pour témoigner comme Chrétien et spécialement Vincentien, il est important d’invoquer l’Esprit.
Frédéric Ozanam nous a dit l’importance de ce qu’il appelait « la prière du tapis ou du paillasson » : prier l’Esprit avant de frapper à la porte de la personne que l’on vient visiter pour être un visiteur fraternel.
Nous avons aussi un grand témoin avec sainte Louise de Marillac. Comme l’écrit sœur Élisabeth Charpy, Fille de la Charité : « Ce n’est qu’au cours de sa retraite en 1657 que sainte Louise découvre l’action de l’Esprit sur les disciples et dans l’Église… Elle souhaite que l’Esprit de Dieu, ce feu ardent, vienne détruire tout ce qu’il y a de mauvais en elle, et qu’il rétablisse, fortifie et développe les grâces reçues au baptême. » (Prier 15 jours avec Louise de Marillac, p. 106–107)
« Venez à l’écart et reposez-vous »
Jésus donna cette directive à ses apôtres. Il connaît la nature humaine et Il sait que ses disciples ont besoin de moments de repos, de retrait, afin d’être toujours disponibles pour mieux servir. Pourquoi, pendant un moment de repos, ne pas se demander si l’on est partenaire de l’Esprit-Saint ? Sans lui, nous ne pouvons rien faire, nous ne pouvons remplir notre mission. Attention à la menace de l’activisme ! Un temps de retrait est l’occasion de faire « révision » de notre engagement vincentien pour ensuite « marcher en vérité sous l’impulsion de l’Esprit-Saint ».