4 clés pour la visite à domicile
La visite à domicile ne s’improvise pas. À travers un guide et des conseils, la Société de Saint-Vincent-de-Paul vous accompagne pour que cette action historique se déroule sereinement.
La visite à domicile ne s’improvise pas. À travers un guide et des conseils, la Société de Saint-Vincent-de-Paul vous accompagne pour que cette action historique se déroule sereinement.
Bien visiter les personnes
Pourquoi la visite ?
Pour rompre la solitude, écouter, réchauffer un cœur. Visiter, c’est reconnaître en l’autre un frère. Ce n’est pas une action ou un dossier mais une rencontre : on y va pour voir, s’émouvoir, s’approcher, comme le Bon Samaritain (Lc 10, 36).
Dans quel état d’esprit ?
Bienveillance – Respect – Authenticité. On entre chez l’autre avec délicatesse (« Je peux entrer ? »). On écoute sans juger, en laissant le silence exister. On valorise ce qui est beau : un effort, une fierté, un souvenir partagé. La visite n’est réussie que si chacun peut donner et recevoir.
Accompagner… mais vers où ?
Pas vers ce que « nous » voulons, mais vers ce que « lui » peut, veut, ose. Le visiteur est un passeur : il apporte son aide pour une sortie, un appel, une démarche… Il encourage sans imposer, il marche au rythme de l’autre. Comme le rappelle le guide de la visite à domicile, apprendre à aimer, c’est laisser l’autre libre.
Et pour nous, qu’est-ce que ça change ?
Une visite, même silencieuse, nous transforme. Elle recentre, elle apaise, elle remet Dieu au cœur. Chaque rencontre est un petit Magnificat : on repart plus riche que l’on est arrivé.
Pour une visite réussie
Prévenir avant de venir
Se présenter avec simplicité
Venir en binôme
Écouter vraiment
Donner un peu de soi (une photo, un souvenir)
Chercher le sujet qui fait briller le regard
S’appuyer sur l’équipe : la mission se partage
Témoignages
Anne Pellaz (Paris) et Jean-François Comte (Haute-Loire) visitent régulièrement des personnes isolées.
– Quels sont les enjeux de la visite à la Société de Saint-Vincent-de-Paul ?
C’est aller à la rencontre des personnes, pour rompre avec la solitude et les formes d’isolement. Il n’y a pas de spécificité, il faut être présent, tout simplement.
– Quelle est la place pour l’écoute ?
C’est le plus difficile. On arrive avec un gros cœur et on perçoit qu’il est nécessaire d’accepter les silences, de savoir s’adapter au rythme de vie, plus lent… d’apprendre à écouter.
Quelles sont les disponibilités intérieures nécessaires ?
– Je me sens dans un état de dépouillement et d’écoute non jugeante, bienveillante. La confiance s’instaure avec le temps, grâce à la régularité de la visite et le fait d’attendre les moments opportuns.
Qu’est-ce qui se passe au cœur de la visite ?
– On entre en relation avec la personne, on parle de nos vies. Certes, on rencontre la souffrance, l’isolement, mais aussi beaucoup de joie. Je n’ai pas l’impression de donner, mais d’être un catalyseur, comme un trait d’union.
À quoi sert le cadre associatif ?
– On vient au nom de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, on est porteur d’une certaine identité, d’une manière d’être et de faire. Cela nous protège et sécurise la personne visitée.
Pourquoi faire des binômes ?
– C’est un excellent principe, pas toujours facile à respecter. Mais il est important que la personne sache qu’on n’est pas seul. Pour nous aussi : on parle avec notre binôme pour s’ajuster dans la relation avec le visité.
Comment se passe le retour en Conférence ?
– On évoque les situations (le positif, le difficile, les évolutions). Le regard extérieur et la fraternité sont essentiels.
Quelle est la place de Dieu dans la visite ?
– Quand je sens que je suis le bienvenu, je pose des questions de spiritualité et de foi.
Et après la rencontre ?
– C’est important d’aller offrir tout ce qu’on a vécu. Dans ma vie intérieure, je dépose tout ce que les personnes partagent au cours d’une adoration ou à la messe. Et, en dehors, on continue de tisser des liens, parfois très soutenus (une petite attention, un coup de téléphone…).