Entre la France et le Liban, la solidarité des bénévoles de la Société de Saint-Vincent-de-Paul

drapeau liban

Au Liban, malgré la situa­tion très diffi­cile des habi­tants, les béné­voles de la Société de Saint-Vincent-de-Paul restent mobi­li­sés pour aider les plus faibles, notam­ment grâce à l’aide de leurs confrères français.

L’im­pact de la crise sur la popu­la­tion liba­naise

« J’es­père la fin de la guerre rapi­de­ment. La situa­tion est très diffi­cile pour les gens là-bas. Il y a près d’un million* de dépla­cés qui se réfu­gient au Nord du pays. » Samir, Liba­nais et béné­vole dans une Confé­rence de la région pari­sienne, reste informé de la situa­tion dans sa région d’ori­gine, Batroun (à une cinquan­taine de km au nord de Beyrouth). Depuis le déclen­che­ment des hosti­li­tés contre l’Iran par les États-Unis, le 1er mars 2026, le Liban fait face à des mouve­ments de popu­la­tion impor­tants, les habi­tants fuyant les bombar­de­ments de la zone Sud. Des diffi­cul­tés qui s’ajoutent aux problèmes écono­miques qui touchent le Pays du Cèdre. « Il y a eu plusieurs crises succes­sives : la crise écono­mique en 2019, l’ex­plo­sion du port en 2020, la déva­lua­tion de la livre… » rappelle Lamia, corres­pon­dante de la région pour la Commis­sion de soli­da­rité inter­na­tio­nale (CSI) de la Société de Saint-Vincent-de-Paul en France.

La Société de Saint-Vincent-de-Paul reste active

Malgré la situa­tion 51 Confé­rences (équipes locales de béné­voles) de la Société de Saint-Vincent-de-Paul pour­suivent leurs actions. « Aucune équipe n’a perdu son local et toutes sont actives. » précise Lamia. En plus de l’ac­com­pa­gne­ment habi­tuel, les béné­voles four­nissent des colis ou de l’aide d’ur­gence aux personnes dépla­cées. « De nombreuses familles liba­naises, déjà aidées par la Société de Saint-Vincent accueillent des proches ou des voisins. Ces familles solli­citent désor­mais une aide renfor­cée. » Samir confirme : « Les volon­taires sont débor­dés, ils n’ont pas les moyens de répondre à toute les demandes d’aide. »

Dans la région de Samir, à Batroun, des familles vivent sur les hauteurs, « mais l’es­sence coûte trop cher pour se dépla­cer. Les gens n’ont pas d’ar­gent pour aller à l’hô­pi­tal ou ache­ter des médi­ca­ments. Il faut aussi de l’ar­gent pour faire tour­ner des géné­ra­teurs, sans cela, il n’y a pas d’élec­tri­cité. » L’in­fla­tion galo­pante rend la situa­tion écono­mique de certaines familles très diffi­cile. 

De l’aide inter­na­tio­nale très atten­due

Pour faire face à la situa­tion, l’en­traide passe les fron­tières. Ainsi une aide devait arri­ver prochai­ne­ment via l’ins­tance inter­na­tio­nale de la Société de Saint-Vincent-de-Paul (CGI, Conseil géné­ral inter­na­tio­nal). Ce sont près de 500 familles dépla­cées qui pour­ront être aidées sur plusieurs mois. Côté améri­cain, un programme de soutien, lancé avant les hosti­li­tés, arri­vera à point nommé. 

En France aussi, les béné­voles se mobi­lisent, d’au­tant que les liens existent depuis long­temps. En février dernier, le président de la Société de Saint-Vincent-de-Paul liba­nais était venu rencon­trer son homo­logue français à Paris. À la fin du mois de mars, le Conseil natio­nal de France a par ailleurs pris la déci­sion d’ac­cor­der une aide excep­tion­nelle aux 51 équipes locales liba­naises.

[Lire: Une rencontre Liban-France]

« Avec la CSI, nous avons lancé un appel à la soli­da­rité auprès des 42 Confé­rences françaises jume­lées avec des équipes au Liban. » précise Lamia. Elle ajoute « Nous les remer­cions par avance pour leur soutien qu’il soit spiri­tuel, frater­nel ou finan­cier. » L’équipe de Samir, par exemple, prie régu­liè­re­ment pour sa jumelle liba­naise. Les béné­voles se connaissent bien, il y a quelques années, c’est le frère de Samir qui avait accueilli les Français lors d’une visite dans la région. 

*Au 10 mars 2026, l’ONU esti­mait qu’en­vi­ron 700 000 personnes avait été dépla­cées.

Valé­rie-Anne Maitre, rédac­trice en chef Ozanam Maga­zine