Bénévolat : les nouveaux visages de l'engagement
« Les jeunes veulent se sentir utiles »
Corentin Larmoire Roussel est responsable national Enseignement Supérieur et Engagement à l’AFEV. Cette association a pour objectif de mobiliser des étudiants bénévoles dans des actions de solidarité et d'accompagnement à la scolarité au sein des quartiers populaires.
Qu’est-ce qui pousse les jeunes à s’engager ?
Se sentir utile, rencontrer d’autres jeunes qui ont les mêmes valeurs, rejoindre une communauté, des compétences à mettre en valeur sur leur CV, des points de bonification dans leurs études… À l’Afev (Association de la fondation étudiante pour la ville), les étudiants qui nous rejoignent sont motivés car ils peuvent rapidement voir l’impact de leur action de mentorat, en observant les progrès et la réussite de l’enfant qu’ils accompagnent, c’est gratifiant.
Est-ce que les jeunes s’engagent différemment des autres générations ?
Ils sont souvent membres de clubs sportifs, mais ils ressentent aussi le besoin de compléter avec un engagement pour une cause sociale (environnement, humanitaire…). Les générations précédentes étaient très militantes, s’engageaient dans un syndicat, un parti, toute leur vie. Aujourd’hui les jeunes sont réticents à porter une étiquette. Ils préfèrent le bénévolat court, plus ponctuel et spontané, qui semble moins contraignant. La sociologue Claire Thoury a nommé ce phénomène « l’engagement post-it ». Par manque de temps, de légitimité ou encore à cause d’une santé mentale fragile, ils peuvent avoir peur de s’engager sur le long terme et préfèrent le côté rassurant d’un engagement très concret. Signer une pétition, participer à une collecte ou à une distribution…
Comment les associations peuvent-elles attirer et garder plus de jeunes dans leurs rangs ?
Il faut créer des espaces de dialogue entre les engagés et les responsables de la structure, pour que les jeunes sentent qu’ils peuvent faire porter leur voix. Beaucoup de jeunes ne restent pas longtemps, ils se lassent car ils ne se sentent pas impliqués. Il faut écouter leurs envies, leurs remarques et savoir remettre éventuellement en question les pratiques de la structure, car c’est elle qui doit s’adapter aux jeunes et non l’inverse.