La fraternité, repère dans un monde fragile
Le rendez-vous du dimanche pour briser l’isolement
À Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), une Conférence (équipe locale) propose des après-midi conviviaux pour lutter contre l’isolement social.
À Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), une Conférence (équipe locale) propose des après-midi conviviaux pour lutter contre l’isolement social.
Une ou deux fois par mois, depuis 2015, l’équipe locale Sainte-Teresa-de-Calcutta, à Nogent-le-Rotrou (28), organise un « dimanche stop solitude » en proposant à des personnes isolées de partager un moment convivial. « On répond à un besoin : la solitude est partout, les personnes veuves, celles qui n’ont plus de famille ou éloignée, ou encore les personnes handicapées », constate Jean-François Nomblot, président de la Conférence mais aussi de l’équipe départementale de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. S’inspirant d’une initiative similaire à Rennes (35), cette équipe de huit bénévoles téléphone le vendredi ou le samedi aux habitués et organise le covoiturage.
Ce dimanche 19 avril, une vingtaine de personnes sont présentes, dont deux bénévoles. Les tables s’organisent par jeux : belote, triomino, skyjo, petits chevaux. Des applaudissements et des rires fusent à une table de belote. « C’est animé ! », commente Odette, 90 ans. À côté d’elle, Michelle, 82 ans, compte les points. « On est tous seuls à la maison alors cela nous permet de passer le temps et de nouer des liens avec des personnes d’âges et de milieux différents, dont on n’aurait pas fait la connaissance autrement », sourit-elle. Marie-Jo, 83 ans, apprend avec bienveillance le jeu de cartes skyjo à Gismonde et Anne-Marie. Ces deux femmes fêtent leurs anniversaires ce mois-ci, et profitent du goûter pour souffler une bougie.
« Il y a de la joie et de la fraternité entre eux. Ils prennent des nouvelles des uns des autres, certains se retrouvent même en dehors de ces dimanches, comme une deuxième famille », souligne Jean-François Nomblot. Une fois par an, un pique-nique est organisé en juin dans un manoir et un repas de Noël au restaurant. « C’est une fraternité qui se vit dans des moments simples, le fait d’être ensemble, partager un gâteau, être à l’écoute des autres », résume Marie Simon, bénévole depuis neuf ans. Chaque dimanche se termine par un temps de prière collectif, pour rendre grâce à Dieu de cette après-midi partagée, mais aussi « partir ensemble ».
Reportage Delphine Dauvergne, pigiste