« Ma Conférence a 30 ans, comme moi ! »

 À La Réunion, pour Anabelle et sa famille, l'engagement bénévole rime avec transmission familiale. Un exemple qui illustre la forte présence des jeunes dans le réseau de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Par Marie Descheemaekere, stagiaire.

Jeunes formation

À La Réunion, pour Anabelle et sa famille, l’en­ga­ge­ment béné­vole rime avec trans­mis­sion fami­liale. Par Marie Deschee­mae­kere, stagiaire.

19h, Le Tampon, sur l’île de la Réunion. Il fait déjà nuit chez Anna­belle, quand elle rejoint notre appel sur Teams, lancé depuis les bureaux pari­siens de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Profes­seure des écoles, elle partage son temps entre travail, acti­vité syndi­cale et enga­ge­ment au sein de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. La jeune femme de 30 ans fait partie des quinze jeunes de 15 à 38 ans qui ont accepté de témoi­gner sur leur enga­ge­ment au sein de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Comme Anna­belle, ils sont une grosse dizaine à prendre le temps de me répondre, dans le cadre d’une étude sur le béné­vo­lat des jeunes lancée par la commis­sion en charge du réseau des Jeunes (CRJ). Ces entre­tiens, ainsi qu’un ques­tion­naire d’enquête diffusé à l’en­semble des jeunes de l’as­so­cia­tion, mettent en lumière quelques tendances sur l’en­ga­ge­ment jeune à la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Notam­ment sur la manière dont les jeunes découvrent l’as­so­cia­tion et deviennent béné­voles.

Des jeunes ancrés dans leur terri­toire

L’en­ga­ge­ment des jeunes Vincen­tiens s’ins­crit dans un contexte de proxi­mité. Presque la moitié des jeunes (45%) découvre l’as­so­cia­tion par la paroisse. Pour d’autres, c’est par un membre de la famille qu’ils intègrent la Société de Saint-Vincent-de-Paul (14%). C’est le cas d’An­na­belle, qui a connu l’as­so­cia­tion, dès le plus jeune âge, par sa mère. « Je fais partie de l’as­so­cia­tion depuis très long­temps, j’y suis depuis mon enfance. Ma mère est béné­vole depuis que je suis toute petite, j’avais 6 ou 7 ans quand elle a commencé, j’étais plus ou moins toujours dans ses jupes. La Confé­rence (équipe locale de béné­voles) a le même âge que moi, 30 ans !  ». 

 

La Confé­rence, une deuxième famille

Pour de nombreux jeunes, la Confé­rence est comme une deuxième famille. À 18 ans, Anna­belle devient elle aussi béné­vole au sein de la Confé­rence Bien­heu­reux Scubi­lion du Tampon. « C’était logique pour moi. Je connais­sais déjà tout le monde et ce sont des gens qui m’ont vu gran­dir.  » Dans la famille d’An­na­belle, l’en­ga­ge­ment au sein de la Société de Saint-Vincent-de-Paul est une histoire de famil­le… En effet, son père est devenu, lui-aussi, béné­vole il y a deux ans !

 

Des jeunes pas si novices 

Tous les lundis et jeudis après-midi, Anna­belle parti­cipe aux distri­bu­tions alimen­taires de sa équipe : récolte des denrées, fabri­ca­tion et distri­bu­tion des colis, etc. Même si elle est la moins âgée – et la seule jeune de sa Confé­rence –, Anna­belle n’est pas vrai­ment une béné­vole novice. Alors que sa mère est prési­dente de Confé­rence, elle, elle a pris le rôle de secré­taire. Elle s’oc­cupe, entre autres, de la rédac­tion des comptes-rendus de réunions et de la confec­tion d’af­fiches. À l’ins­tar de nombreux jeunes béné­voles, jeunesse n’est pas syno­nyme de nouveauté. En métro­pole, à Niort (79), Alexis a commencé son service à 11ans. Il quitte cette année les juniors pour prendre des fonc­tions au sein de l’équipe locale clas­sique. 

Qu’ils soient rassem­blés dans des équipes jeunes ou inter­gé­né­ra­tion­nelle, les béné­voles de moins de 35 ans béné­fi­cient de l’ac­cueil, l’écoute et l’ac­com­pa­gne­ment de leurs aînés. Lesquels profitent aussi de l’élan et l’en­thou­siasme de la jeunesse pour être au service des plus fragiles ! 

[Décou­vrir le réseau des jeunes]

« Ma Conférence, j'y suis depuis mon enfance parce que ma mère est bénévole depuis que je suis toute petite. »

Annabelle, bénévole au Tampon (La Réunion)

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