Dilexi Te : 10 clés de lecture - Partie 6
La Société de Saint-Vincent-de-Paul lance une série d’articles pour revisiter l’exhortation Dilexi Te du pape Léon XIV. Cette semaine, Olivier, salarié de l'équipe de la Société de Saint-Vincent-de-Paul commente les paragraphes 49 à 58 : le soin des malades.
La Société de Saint-Vincent-de-Paul lance une série d’articles pour revisiter l’exhortation Dilexi Te du pape Léon XIV. Cette semaine, Olivier, salarié de l’équipe de la Société de Saint-Vincent-de-Paul commente les paragraphes 49 à 58 : le soin des malades.
Toucher la chair souffrante du Christ
Ouvrir des lieux de miséricorde
La tradition chrétienne se manifeste particulièrement dans le soin des malades et des souffrants. Cela ne se réduit pas à une œuvre philanthropique, mais c’est une action ecclésiale à travers laquelle, chez les malades, les membres « touchent la chair souffrante du Christ ». Toute l’histoire est émaillée de la création des lieux de charité active envers les malades, comme « l’incarnation de la miséricorde du Christ Médecin ». L’histoire de la Société de Saint-Vincent-de-Paul raconte ces créations locales de lieux où la miséricorde se partage et se transmet. Et elle en racontera encore car c’est sa vocation.
Aimer la figure du Christ à travers les défigurés
Parmi ces exemples, les Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul ont pris part à la présence maternelle et discrète dans les maisons de santé ou de retraite, créant ainsi des « oasis de dignité ». Aujourd’hui, ces formes de présence se poursuivent dans les visites en EHPAD, à domicile et dans les Lieux Sourire. Il s’agit « d’aimer le Seigneur là où il est le plus défiguré ». Et combien de ces figures cassées rencontrons-nous dans nos visites vincentiennes (animées par l’esprit de saint Vincent de Paul), combien de ces visages dont nous avons dans un premier temps croisé le regard ?
Les moines et moniales ont su intégrer dans leur spiritualité l’hospitalité et le soin des nécessiteux en embrassant la pauvreté pour partager avec les plus pauvres. Comme un départ de chez soi pour aller vers quelqu’un : se faire pauvre auprès des pauvres dans le risque de la gratuité de la rencontre.
Contempler et guérir
Autre lieu qui pourrait nous inspirer. La Basiliade à Césarée qui comprenait logements, hôpitaux et écoles pour les pauvres et les malades : prier et soigner, contempler et guérir, écrire et accueillir. Autant d’expressions du même amour. Les monastères bénédictins prennent alors pour devise : « on accordera le maximum de soin et de sollicitude à la réception des pauvres et des étrangers, puisqu’on reçoit le Christ davantage en leur personne ». Les pauvres ne sont donc plus un problème à résoudre, mais des frères à accueillir dans leur intégralité, c’est-à-dire dans leurs dimensions humaines et spirituelles. La fraternité ne se négocie pas : elle se désire et se construit.
Prière et charité, silence et service, cellules et hôpitaux, « forment un unique tissu spirituel ». Partout là où on ouvre les portes aux pauvres, l’Église et la Société de Saint-Vincent-de-Paul révèlent que la « contemplation n’exclut pas la miséricorde, mais l’exige comme son fruit le plus pur ».
Pour aller plus loin…
Voici deux questions qui pourront guider votre lecture :
1. En lisant ce commentaire d’un extrait de Dilexi Te, est-ce que je reconnais un lien avec ma mission à la Société de Saint-Vincent-de-Paul ?
2. Ce passage me pousse-t-il à aller encore plus loin dans l’amour et le service des plus pauvres ? Comment ?
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