À Soisy-Andilly, les bénévoles réalisent le rêve de Valentin : retourner à Lourdes

À Soisy-Andilly (Val-d’Oise), une ving­taine de béné­voles font vivre l’équipe locale. Boutique soli­daire, aide alimen­taire, actions auprès des étudiants ou des personnes âgées… Cet été, ils ont permis à Valen­tin, 27 ans, de partir en pèle­ri­nage à Lourdes. Témoi­gnage.

Aider les jeunes et les personnes âgées

« Notre Confé­rence de Soisy-Andilly compte une ving­taine de béné­voles, dont sept ou huit très actifs. Notre prin­ci­pale acti­vité, c’est la boutique soli­daire, instal­lée dans des locaux parois­siaux. Nous récu­pé­rons et trions des vête­ments avant de les vendre. Les recettes nous permettent de finan­cer des paniers alimen­taires, de régler certaines factures, mais aussi de parti­ci­per à l’aide inter­na­tio­nale grâce à notre jume­lage avec une équipe de Mada­gas­car.

Nous essayons aussi d’être présents auprès des jeunes et des personnes âgées. Nous avons aidé des jeunes à partir au Frat’ (pèle­ri­nage des adoles­cents de région pari­sienne) et même aux JMJ (Jour­nées Mondiales de la Jeunesse). Nous distri­buons des colis alimen­taires dans une rési­dence étudiante voisine de l’uni­ver­sité de Cergy. J’ai­me­rais d’ailleurs que nous puis­sions faire davan­tage pour les jeunes et les étudiants.

Nous accom­pa­gnons égale­ment des parents d’en­fants hospi­ta­li­sés, notam­ment des enfants atteints d’un cancer. Ces familles viennent parfois de loin, voire de l’étran­ger. Nous leur appor­tons des colis alimen­taires, des vête­ments ou des bons pour se restau­rer.

Avec la Ville et le CCAS, nous orga­ni­sons aussi des actions pour les personnes âgées. Deux fois par an, nous propo­sons une croi­sière sur l’Oise aux rési­dents de trois Ehpad. Et, avec le CCAS d’une ville voisine, une projec­tion de film est orga­ni­sée chaque mois.

La rencontre avec Valen­tin

Valen­tin a 27 ans. Il est en situa­tion de handi­cap, il est en fauteuil, il a besoin d’aide pour s’ha­biller ou faire sa toilette. Il vit avec ses parents. Sa maman, Maria, est deve­nue béné­vole chez nous il y a quelques mois. Elle était venue à la boutique, elle a vu que nous recher­chions des béné­voles et elle s’est propo­sée.

Un jour, j’ai vu arri­ver Maria et Valen­tin à la boutique. Nous avons appris que son grand souhait était de retour­ner en pèle­ri­nage à Lourdes, c’est un moment qu’il appré­cie. J’ai été bran­car­dier pendant de nombreuses années, je comprends ce ressenti ! J’en ai parlé en réunion avec les autres béné­voles de l’équipe et nous avons décidé de finan­cer son séjour, soit envi­ron 400 euros.

Il fallait ensuite faire vite pour l’ins­crire au pèle­ri­nage de l’As­somp­tion, le 15 août. J’ai télé­phoné et voilà : Valen­tin était inscrit !

Quelques jours plus tard, je l’ai aperçu à la messe. Pour moi, c’était un signe ! À la fin de la célé­bra­tion, je suis allé le présen­ter à l’as­sem­blée. J’ai expliqué qu’il parti­rait à Lourdes et qu’il y repré­sen­te­rait à la fois notre paroisse et notre Confé­rence.

Une rencontre qui ouvre un chemin

À Lourdes, tout s’est bien passé. Valen­tin a été pris en charge par une équipe de jeunes. Nous avons été surpris par leur enthou­siasme ! Nous avons reçu des photos qui nous ont permis de décou­vrir son bonheur et ce qu’il avait vécu. Valen­tin a des diffi­cul­tés d’élo­cu­tion, mais sa famille nous a raconté son pèle­ri­nage. On sentait dans ces images que la joie et l’en­ga­ge­ment des jeunes n’étaient pas feints.

C’était la première fois que nous finan­cions un pèle­ri­nage. Nous avions déjà aidé des jeunes à partir, mais cette expé­rience avec Valen­tin est diffé­rente. Je pense qu’elle va chan­ger quelque chose dans notre Confé­rence. Elle nous ouvre à l’ac­com­pa­gne­ment des personnes en situa­tion de handi­cap.

Jusque-là, nous étions très tour­nés vers les personnes que le CCAS nous adres­sait. Mais cela ne suffit pas. Cette fois, Valen­tin a été mis sur notre route. Et, comme le Bon Sama­ri­tain, nous nous sommes arrê­tés pour l’ai­der.

Nous allons repar­ler de cette expé­rience lors de notre prochaine réunion. Pour moi, cette action est profon­dé­ment vincen­tienne (façon d’agir de la Société de Saint-Vincent-de-Paul). Parce qu’elle consiste à venir en aide à quelqu’un qui en a besoin, bien sûr. Mais aussi parce qu’il fallait simple­ment l’ai­der. C’est aussi simple que cela. »

Domi­nique Grand­pierre, président de l’équipe locale (Confé­rence) de Soisy-Andilly