3 octobre 2026 : venez goûter « à la joie du bénévolat ! »
Les bénévoles se préparent à vivre la visite du pape Léon XIV
De Paris à Lourdes et Metz, des bénévoles de la Société de Saint-Vincent-de-Paul se préparent à vivre la visite du pape Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre. Veillée des jeunes, messes, temps de prière… Ils racontent pourquoi ils ne veulent pas manquer ce rendez-vous. Par Valérie-Anne Maitre, rédactrice en chef.
Au Stade de France, se mettre en route vers Léon XIV
Vendredi soir, Kevin fêtera son anniversaire avec le pape. Et avec plus de 80 000 jeunes réunis au Stade de France, à Saint-Denis (93). Originaire de Besançon (25), il fera le voyage pour participer à la grande veillée des jeunes, l’un des temps forts de la visite de Léon XIV en France et à l’Unesco, du 25 au 28 septembre. « J’ai rédigé une lettre à mon travail pour demander un congé un peu exceptionnel. On me l’a accordé ! »
Parce que la visite d’un pape en France est historique et attendue, Faustine, étudiante infirmière de 20 ans, a aussi prévu de « venir à la rencontre de Léon XIV. Je suis très honorée qu’il vienne. En tant que catholique, c’est la moindre des choses que de l’accueillir. » La parisienne a également réservé sa place dans les gradins du Stade de France aux côtés de la quarantaine de jeunes bénévoles du réseau, impatients de se retrouver pour ce moment si spécial. « J’ai déjà vécu des regroupements de jeunes, notamment aux JMJ. Mais vivre un temps de silence dans un stade, ce sera impressionnant ! », imagine Anne-Charlotte, 27 ans, bénévole depuis un peu plus d’un an à la Conférence Pier Giorgio Frassati, à Dijon (21).
Louanges, chants, adoration, enseignement du pape… le programme sera à la fois festif et méditatif. Les paroles de Léon XIV sont très attendues par les jeunes. « Le pape s’adresse à notre monde actuel, souligne Anne-Charlotte. Il aura sûrement des messages à faire passer. » Plusieurs figures de sainteté seront évoquées au cours de la veillée, dont certainement saint Vincent de Paul, Frédéric Ozanam ou encore Pier Giorgio Frassati, jeune bénévole italien canonisé l’année dernière. Spontanément, Anne-Charlotte comme Faustine citent la dernière encyclique du pape, Magnifica humanitas, consacrée à l’intelligence artificielle mais qui rappelle aussi les fondements de la doctrine sociale de l’Église. « En tant que bénévole, ce pape me parle. On vit dans un monde où l’on est de plus en plus tourné vers soi. Il nous invite à aller vers les autres », insiste Anne-Charlotte qui a bien noté dans le programme du pape sa visite à la Maison Bakhita à Paris, lieu d’accueil de femmes en difficulté et de personnes en fragilité. « La Société de Saint-Vincent-de-Paul s’inscrit complètement dans cette rencontre. »
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Tous seront aussi présents le lendemain, samedi 26 septembre, sur les Champs-Élysées, pour la messe célébrée par le pape Léon XIV en présence de plus de 600 000 personnes. « J’ai prévu d’y aller avec mon mari et mon bébé », rigole Anne-Charlotte. Le groupe des jeunes compte bien se retrouver après l’évènement pour partager leurs impressions autour d’un verre.
Dans le Rhône aussi, le rendez-vous se prépare. Laurent, bénévole à Tassin-la-Demi-Lune (69), montera à Paris samedi avec le diocèse, à bord d’un TGV spécialement affrété. « Je ne suis pas assez jeune pour aller à la veillée, mais l’un de mes fils y sera ! » Aller à la rencontre du pape, c’est presque une histoire de famille. En 1986, la mère de Laurent était au stade de Gerland, à Lyon, lors de la visite de Jean-Paul II. « Elle en parle encore ! Du coup, je me suis dit que ce serait peut-être dommage de rater cet événement. » Le père de famille note aussi cette forte mobilisation autour de lui. « C’est un acte missionnaire que d’être présent à Paris, un acte vis-à-vis de ceux qui hésitent à se plonger dans la foi chrétienne. Ils vont voir tout ce monde engagé, qui vit sa foi… »
Si Laurent tient à être présent, c’est aussi parce que Léon XIV lui parle. « Chaque pape me touche, François, c’est bien sûr la maison commune, Laudato Si’, l’attention portée aux migrants. Léon XIV est, lui, porteur d’un message de paix. Il est en plein dans l’actualité, dans les préoccupations qu’on peut avoir en ce moment. » Le bénévole se retrouve également dans l’attention que le pape porte à la doctrine sociale de l’Église. « J’aime ce lien qu’il fait avec le pape Léon XIII. J’ai même décidé de relire Rerum novarum, en préambule de Magnifia Humanitas que je lis actuellement. »
Converger vers Lourdes et à Metz pour rencontrer le pape
Après Paris, le pape se rendra, tel un pèlerin ordinaire, à Lourdes (65). « Un lieu de grâce, inspirant ! On revient toujours de là avec des choses qu’on ne soupçonnait pas », commente Sophie, 55 ans. Pour cette bénévole de Lavaur (81), par ailleurs très engagée dans l’aumônerie des lycées, la visite du pape est un moment à ne pas rater. « J’emmène une quinzaine de jeunes avec moi. J’ai pris l’habitude de les inviter à participer à des actions avec notre équipe locale (Conférence Saint-Martin), par exemple lors des visites à la maison de retraite. Je veux leur montrer que la charité, ce n’est pas un concept, c’est concret ! » Malgré quelques difficultés pratiques, Sophie persévère pour que son groupe vive cette visite historique. « La foi, c’est ce qui nous permet de tenir dans les moments plus difficiles. »
Près de Metz (57), Françoise, 83 ans, attend, elle aussi, cette visite avec impatience. Cette engagée de longue date dans la Société de Saint-Vincent-de-Paul de Saint-Mihiel (57) trouve que cette visite « donne un nouvel élan aux actions des bénévoles. Nous sommes une petite équipe, à peine neuf membres, mais la venue du pape chez nous, dans l’Est, cela nous donne du boost ! » Lundi prochain, elle ira à la rencontre du pape. « Avec trois autres bénévoles, nous prenons le bus du diocèse, une petite heure de trajet, mais il faut partir à 6h du matin. » Pas de quoi décourager la fidèle qui a déjà prévu son siège pliant. « C’est pour la bonne cause. On est tellement contents que le pape Léon XIV vienne chez nous ! Il sera à Metz pour la paix. » Lors de cette dernière étape, le pape devrait évoquer la figure de Robert Schuman, cofondateur de l’Europe. « Un homme de paix. » souligne-t-elle.
Faire voyager l’événement jusqu’aux plus fragiles
Et pour ceux qui ne peuvent pas venir ? Tous les bénévoles et toutes les personnes accompagnées ne pourront évidemment pas rejoindre Paris, Lourdes ou Metz. Le réseau de la Société de Saint-Vincent-de-Paul s’organise donc aussi pour vivre l’événement à distance. À Tarbes (65), Joseph, président de l’équipe départementale, a d’abord regretté de ne pas pouvoir se rendre sur le site marial. « Mais nous accompagnons des personnes fragiles, qui ne peuvent pas facilement se déplacer. Alors, on va organiser ça ici, dans nos locaux. »
Le jour de la messe, bénévoles et personnes accompagnées se retrouveront donc devant un rétroprojecteur pour suivre la célébration en direct. Une douzaine de personnes sont attendues, avec quelques gâteaux pour prolonger la rencontre. « On n’est pas là que pour leur donner des colis alimentaires, souligne Sylvie, secrétaire de l’équipe départementale. On partage aussi notre foi, la charité que l’on pratique. » Une manière aussi de participer à la fête qui s’annonce à quelques kilomètres. Pour Joseph, sa venue résonne directement avec l’engagement des bénévoles : « Avec le pape, on retrouve cet amour des pauvres. On a l’impression d’être entendus dans notre mission de charité. »
Dans l’Est de la France, Nicolas a lui aussi prévu de partager cette visite avec les personnes qu’il visite régulièrement, notamment en leur amenant les articles de journaux consacrés au voyage. « J’aurais bien aimé que le monsieur que je rencontre régulièrement puisse venir, lui aussi, à Paris, raconte Anne-Charlotte. Mais c’est trop fatiguant pour lui, il a 85 ans. Je vais lui montrer les photos et lui raconter ce que j’ai vu. »
Écrire au pape avant la rencontre
Si le programme du pape ne prévoit pas de rencontre spécifique avec la Société de Saint-Vincent-de-Paul, Léon XIV passera pourtant tout près de son histoire. Samedi matin, il se rendra à l’Institut catholique de Paris. C’est là, dans la crypte de l’église Saint-Joseph-des-Carmes, que repose Frédéric Ozanam, principal fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. À quelques jours de son arrivée, les bénévoles ont aussi été invités à adresser un message au pape sur le site de l’association. Beaucoup lui parlent de paix, de fraternité et d’attention aux plus fragiles. « Votre inspiration montre le chemin de la paix », écrit Daniel. Baptiste salue, lui, son « dévouement au service des plus fragiles ».
À Paris, Lourdes ou Metz, certains feront donc plusieurs heures de route pour apercevoir Léon XIV, quand d’autres se retrouveront devant un écran. Mais à Tarbes, Sylvie préfère regarder les choses autrement. « Le pape à Lourdes ? C’est une fête, un honneur ! On connaît bien Lourdes, on est du coin, on y est tous allés. Cette fois, c’est le pape qui vient nous rencontrer. »
« Ce voyage est une invitation à renouveler notre mission »
Juan Manuel Gomez, président international
« La visite du pape en France constitue pour la Société de Saint-Vincent-de-Paul un moment de profonde grâce et de renouveau spirituel. La France, berceau de saint Vincent de Paul et de Frédéric Ozanam, est un exemple pour toute la Confédération par sa fidélité à nos racines et son engagement au service des plus démunis.
Ce voyage est une invitation à renouveler notre mission en tant que laïcs vincentiens : vivre notre foi dans la fraternité, aller à la rencontre des plus vulnérables et faire de l’amour du prochain un témoignage vivant de l’Évangile. Nous remercions tout particulièrement nos bénévoles, dont l’engagement, le dévouement et la proximité avec les personnes accompagnées font vivre notre charisme.
Que cette visite nous incite à servir avec humilité, à vivre la fraternité et à continuer à bâtir une société meilleure et plus juste sur le plan social, car notre étreinte renouvelle le monde. »
Philippe Favrot, président national
Le pape nous parle !
« Il me semble que le pape Léon XIV nous parle directement à nous, Vincentiens (bénévoles de la Société de Saint-Vincent-de-Paul), dans son encyclique Dilexi Te et dans son message à l’occasion de la Journée mondiale des pauvres. Il nous rappelle que les pauvres ne sont pas responsables de leur pauvreté, et que la pauvreté ne se limite pas au manque d’argent. Car la pauvreté, c’est aussi la solitude, l’exclusion… Il y a des gens qui travaillent mais qui sont pauvres et dorment dans la rue ou dans leur voiture. La pauvreté n’est pas un choix.
Le pape réaffirme l’option préférentielle pour les pauvres, et c’est une responsabilité à la fois personnelle et collective. Léon XIV le dit : « Les pauvres sont la chair même du Christ. » Cela n’est pas nouveau, la place des plus pauvres est au cœur du message de l’Église depuis ses débuts. Le pape rappelle aussi l’importance de la dignité de chaque personne. Cette dignité est la même, que l’on soit riche ou pauvre. Et Jésus, lui-même, s’est fait pauvre parmi nous. La charité ne peut pas être réduite à une aide matérielle ou financière.
J’espère que cette visite du pape Léon XIV en France et à l’Unesco sera un moment de joie et de ferveur pour tout le réseau de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Puisse-t-elle donner aux bénévoles de la force pour nourrir notre quotidien et nos actions à l’avenir au service des plus fragiles. »