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Hubert Derache, de la préfectorale à l’humanitaire

Officier dans l’infanterie, préfet, conseiller dans les cabinets ministériels… Après une vie professionnelle bien remplie, Hubert Derache aurait pu profiter de sa retraite et se reposer. Il a choisi de servir les autres au sein de la société Saint-Vincent de Paul dont il a pris la présidence morbihannaise. « Je pourrais passer ma retraite à jouer au golf mais je me suis toujours dit que je ferai quelque chose pour les autres. J’ai eu une vie riche et je dois apporter un peu de mon temps et de ma personne à ceux qui ont en ont besoin ».

C’est vrai, Hubert Derache a eu une vie professionnelle bien remplie et, comme on dit, a vu du pays : le Liban – lorsqu’officier dans l’infanterie, il y commandait une compagnie de la Finul, la Martinique, Mayotte, la Polynésie et l’Isère, lorsqu’il a basculé dans la préfectorale, sans oublier les ors de la République, quand il a intégré les cabinets de Brigitte Girardin, ministre de l’Outre-Mer, de 2002 à 2006, et de Marc Laffineur, secrétaire d’État à la défense, de 2011 à 2012.

Après un rapport sur les gens du voyage et une collaboration au Livre Blanc de la Défense, le Franc-Comtois, fait valoir ses droits à la retraite en 2020. C’est avec la Société Saint-Vincent de Paul, qu’il écrit un nouveau chapitre de son existence. Un choix qui allait de soi : « Je suis chrétien et aider son prochain correspond à ma vision des choses ».

Le CV du néoretraité n’est pas passé inaperçu et Gérard Bougrier, alors aux manettes, lui propose de prendre le relais à la présidence du conseil départemental de la société Saint-Vincent de Paul du Morbihan. Hubert Derache accepte. Avec modestie et humilité : « Il leur fallait un gars responsable. Mais je reste les pieds dans la glaise, les mains dans le cambouis ». Hubert Derache n’a pas eu à forcer sa nature.

Dans son engagement militaire et à la préfectorale, il s’est toujours intéressé aux autres, aux préoccupations des hommes, des femmes, des élus… Une tendance naturelle à aller vers l’individu et notamment celui qui souffre : « Pendant le confinement, on a senti une dégradation sociale. Des familles et des jeunes actifs qui n’arrivent plus à boucler les fins de mois, une nouvelle pauvreté liée à la crise ».

N’étant pas du genre à rester les deux pieds dans le même sabot, le président multiplie les projets : deux appartements pour des familles à Vannes moyennant 100 000 € de travaux, qui seront gérés dès le mois de mars avec Emmaüs, la Passerelle protestante, la Diaconie et la pastorale des migrants ; la création, à Auray (56), d’une halte d’accueil de jour avec l’association Stéphane Bouillon et d’une autre, à Lorient, dans un ancien bar ; et la tenue de conférences Saint Vincent de Paul (équipes locales) à la Roche-Bernard (56), Locmiquélic (56), Riantec (56) et Port-Louis (56)…

Conduire des projets, développer l’activité et manager 400 personnes (300 bénévoles vincentiens et 100 compagnons Ozanam) ne l’ont pourtant pas déconnecté du terrain : l’ancien préfet de Mayotte, aujourd’hui établi à Crac’h (56), reste aussi simple bénévole au sein de la Conférence de Crac’h-Locmariaquer-Saint-Philibert et sait mettre la main la pâte lorsqu’il a fallu servir le repas de Noël 2019 aux personnes en difficulté. « Le service des autres engage une part de responsabilité. On n’est pas là pour attendre des mercis. On le fait gratuitement. Je me sens utile, modestement », dit le président de la Société Saint -Vincent de Paul du Morbihan, qui s’est vu confier une mission nationale pour les migrants dont le résultat est attendu pour l’été 2021.

Sa force, son inspiration, Hubert Derache les puise dans de grandes figures chrétiennes : les Bienheureux Frédéric Ozanam, fondateur de la Société Saint-Vincent de Paul ; Charles de Foucauld, Saint-Cyrien, prêtre et linguiste assassiné à la porte de don ermitage à Tamanrasset, et Giorgio Frassati, saint patron des montagnards et décrit comme l’homme des huit béatitudes, le sermon sur la montagne, un passage des Évangiles qu’Hubert Derache affectionne tout particulièrement. « Et, bien sûr, Jean-Paul II, le pape de ma jeunesse, pour qui j’ai une tendresse particulière ».

Source  : Le Télégramme du 21 janvier 2021

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