Que voulez-vous trouver ?

Au service selon l’esprit de Frédéric Ozanam

Mettre à profit sa retraite pour aider les personnes en difficultés ? C’est le vœu d’Hubert Derache, 68 ans, ancien préfet de Mayotte, élu président national de la Société Saint Vincent de Paul.

« J’ai eu l’impression d’avoir beaucoup reçu dans mon enfance, mon adolescence et ma vie professionnelle. Quand on passe un cap, comme l’est la retraite, on a envie de vivre autre chose ; j’ai choisi de donner » confie Hubert Derache, ancien officier diplômé de Saint Cyr, père de quatre enfants et veuf depuis dix ans. « Mon épouse était aux équipes Saint Vincent, je suis allé rejoindre la Société de Saint Vincent de Paul, un mouvement cousin. Je suis entré comme simple bénévole, en 2018, dans une « conférence » (groupe de bénévoles) de ma paroisse de Crac’h-Saint-Philibert, dans le Morbihan, avec l’intention de remplacer le directeur départemental qui ne trouvait pas de successeur ».

L’importance de la relation
Il a découvert des équipes dynamiques, et, malgré le contexte de crise sanitaire en 2020, trois conférences ont vu le jour dans un département qui en comptait déjà 17. « Une deuxième pour les jeunes a été lancée » souligne t-il, sensible à ce que les étudiants et professionnels de 17-35 ans s’impliquent dans le champ de la solidarité.
En France, la Société Saint Vincent de Paul (SSVP) compte 850 conférences, dont 50 « conférences jeunes ». « Je souhaite revenir à l’esprit de Frédéric Ozanam, qui, à 20 ans, a créé la première conférence ; c’était en 1833 » rappelle t-il. La misère était alors grande à Paris, dans les quartiers populaires. Des étudiants de la Sorbonne s’étaient réunis autour de Frédéric Ozanam (devenu alors professeur de littérature étrangère dans cette université), au service des plus pauvres, fondant ainsi le mouvement.
«Actuellement, la difficulté pour la jeune génération est le turnover important dans les équipes, mais ce n’est pas grave ! » observe Hubert Derache. « Celui qui vient de passer six mois au sein de l’association, avant de poursuivre sa vie ailleurs est toujours le bienvenu. On le retrouvera, souvent quand il aura pris sa retraite, au service des conférences pour les aînés. »
Son expérience de bénévole lui a permis de comprendre l’importance de la relation tissée avec les personnes que l’on visite à leur domicile ou avec celles sans abri, rencontrées dans la rue. Lors de la crise sanitaire à Vannes, les Vincentiens ont organisé des maraudes ; les échanges étaient possibles le temps que les soupes refroidissent. A Auray, un accueil de jour ouvrira bientôt, coordonné par la paroisse Saint Gildas avec trois associations dont la SSVP. Hubert Derache soutient aussi l’initiative nationale, portée par les équipes du Morbihan, d’une halte d’accueil à Lorient, qui permettra d’offrir huit séjours d’une semaine destinés aux familles qu’ils accompagnent dans toute la France.

La spiritualité dans toute action
Quand la SSVP lui aura trouvé un successeur à la présidence départementale, Hubert Derache se consacrera pleinement à sa responsabilité nationale. « Je souhaite être un président serviteur, comme l’auraient dit Frédéric Ozanam ou Saint Vincent de Paul » glisse t-il. Il promet d’aider les équipes en province à monter de nouveaux projets et de consolider ceux déjà en cours.
Soucieux de ne pas céder à l’activisme caritatif, il sait l’importance de la spiritualité dans toute action : une maraude, un conseil d’administration, un service auprès d’une personne… commencent toujours par la prière. « Quand on a le nez dans le guidon, elle peut passer au second plan. Or avec nos petits bras et notre bonne volonté, on ne fait pas grand-chose. La grâce reçue dans la prière permet de faire bien davantage ». L’engagement a renforcé sa foi.

Source : Véronique Durand, La Vie 18 août 2022.

Autres actualités qui pourraient vous intéresser

Voir toutes les actualités

Donner pour agir

Qu'est-ce qui vous intéresse ?

Nous avons toujours besoin de mains supplémentaires ! Vous voulez donner un peu de votre temps pour aider les autres ?

Je deviens bénévole

Donner pour agir

Grâce à votre don, la Société de Saint-Vincent-de-Paul et ses 17 000 bénévoles peuvent continuer à mener leurs nombreuses actions que sont l’accueil, la visite, et l’accompagnement des personnes seules ou démunies partout en France.

Votre don vous coûtera 0 € après déduction fiscale.
Don en confiance